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Autour de la dissolution et liquidation des LAC: Les sénateurs s’interrogent sur la viabilité de Congo Airways

Nul n’ignore que lors de la Conférence nationale souveraine (CNS), l’actuel Président de la Chambre haute avait fustigé le comportement de certains opérateurs économiques, qui auraient dû se taire car ils doivent leur prospérité à l’Etat congolais. Et d’ajouter qu’il n’est pas un secret pour personne, que certains appareils ont volé avec le numéro d’immatriculation de la compagnie nationale Air Zaïre. Il n’est un secret pour personne, lorsque les mêmes avions atterrissant et transportant des marchandises qui échappent au fisc. Ce bref souvenir nous indique que la compagnie Air Zaïre a été saignée à blanc par les opérateurs économiques véreux, avait dit Léon Kengo wa Dondo.

Pour le sénateur Flore Musendu Flungu, qui a adressé une question avec débat à la ministre du Portefeuille, la compagnie nationale Lignes Aériennes Congolaises (LAC) connait une crise profonde et récurrente qui l’a rendue invisible dans l’espace aérien national et international depuis des décennies. Le sénateur indique que seule les LAC est la seule compagnie qui est habilitée à porter les armoiries et étendards de la République Démocratique du Congo.

« Cependant, en dépit des efforts jadis fournis suite à une question orale au Sénat en 2008, cette compagnie pourtant transformée en société commerciale, a continué à traverser une zone de turbulence apparemment sans fin. Elle semble connaître une crise multiforme qui touche à la fois la flotte, les équipements de support, les infrastructures d’exploitation, les ressources humaines et les finances », note le Sénateur Musendu Flore, qui précise que cette crise est décriée par les uns et les autres comme tributaire d’un manque de volonté politique exprimé par de mauvaises décisions politiques d’une part et managériales d’autre part.

A l’en croire, pour le Gouvernement qui a annoncé depuis le 11 avril 2014 la création d’une nouvelle compagnie aérienne nationale, Congo Airways devra être une compagnie de référence dans le secteur aérien, repère visible qui devra symboliser, parmi tant d’autres signes, la renaissance de toute une nation. Pour cela, cette compagnie sera dotée d’aéronefs de nouvelle génération. Elle a un caractère purement national et elle est constituée d’un capital de près de 32 milliards et demi de francs congolais, soit 35 millions de dollars américains.

Bien que pendant 14 ans, sans avion, le dernier Boeing 737 en révision, c’est la mort subite d’une fierté nationale. C’est alors que le sénateur voudrait savoir la situation exacte actuelle de la compagnie nationale LAC du point de vue de sa flotte, des équipements, du personnel, des finances, etc. En quoi la transformation de cette entreprise en société commerciale a-t-elle relancé cette dernière ? Quels sont les actionnaires de Congo Airways ? Quelle est la capacité de sa flotte et les types d’équipement ? Quelles sont les garanties de réussite d’une gestion essentiellement privée d’autant plus que dans le même secteur, la RD Congo a eu une expérience malheureuse avec la RVA par la sous-traitance KPMG et enfin, quelle est la stratégie du gouvernement pour la relance, quand on sait que l’Afrique du Sud dispose de près de deux cents appareils volant ?

Louise Munga ouvre la brèche aux sénateurs à s’inquiéter davantage

Il est vrai que la question posée par le sénateur Musendu Flore est transversale et complexe. Elle touche notamment les ministères du Plan, des Transports, de l’Economie, du Commerce et du Portefeuille.

Cependant, hier lundi, la ministre du Portefeuille a rencontré les préoccupations soulevées par le sénateur initiateur de la question orale avec débat. D’emblée, Louise Munga a souligné que les Lignes Aériennes Congolaises ont été dissoutes sur décision du Gouvernement prise au cours d’une réunion du Conseil des ministres et sanctionnée, conformément aux dispositions des articles 21 à 27, et à l’article 51 des statuts, par des résolutions prises par son Assemblée générale extraordinaire du 12 septembre 2014.

« Aussi, la dissolution et la mise en liquidation ne sont que la conséquence inéluctable des mutations successives, ainsi que de nombreux défis et difficultés multiformes que cette société n’a pu surmonter et qui ont inexorablement influé sur ses résultats constamment déficitaires », indique la ministre du Portefeuille. Et d’ajouter que cette décision de dissoudre les LAC a été prise au terme d’analyses et diverses études sur toutes les options envisageables (dissolution et liquidation ; restructuration et relance ; création d’une nouvelle compagnie aérienne) ; études qui ont toutes démontré que la création, sur des bases saines, d’une nouvelle compagnie, exempte de toutes charges du passif et autres pesanteurs, représentait la meilleure option.

« Etant sur la liste noire de l’Union européenne, la société LAC en restructuration ne pouvait, à court terme, desservir le marché européen et américain. Il est donc illusoire de compter sur les profits réalisés par les services internationaux pour financer les services intérieurs », révèle la patronne du Portefeuille de l’Etat.

La situation exacte des LAC

Elle a brossé un aperçu historique lorsqu’elle a indiqué qu’à la création d’Air Congo en 1961, elle héritera de la flotte de Sabena/Afrique qui était composée de 43 appareils. « De 1965 à 1969, un programme d’autofinancement est lancé, visant l’achat de 2 caravelles 11R et de 8 Fokker 27 et la location d’un Bac One-Eleven Bac 1-11 », indique la ministre

Pendant la décennie 1970-1980, Air Congo allait bénéficier alors d’une conjoncture politique exceptionnellement favorable en matière de transport aérien et du développement aéronautique. C’est ainsi qu’en 1971, la compagnie bénéficie de la part du gouvernement d’un vaste programme d’équipement en flotte importante et moderne, composée des avions 03 B.737-200 ; 02 DC 8-33 de seconde main de Pan Am ; 02 DC8-63 ; 02 DC 10-30 et 01 B 747 (en location au Pam Am). Contre toute attente, la crise pétrolière interviendra en 1973 et les mesures de zaïrianisation, de radicalisation, ainsi que celles de libéralisation du secteur de transport aérien, réduiront la flotte de la compagnie à 12 avions en 1980.

« La décennie 1980-1990 est celle de la libéralisation du transport aérien en RDC où le trafic stagne suite au marasme de l’économie », renseigne Mme Louise Munga, qui affirme que dans ces conditions, Air Zaïre subira des conséquences dommageables sur le plan de l’exploitation commerciale et de la gestion, et la période 1980-1990 marque l’amorce de la chute inexorable de la Compagnie nationale. De 12 aéronefs en exploitation début 1980, la flotte passera à 4 appareils seulement à la fin de 1990.

La création de Scibe-Zaïre et la conséquence logique de la faillite d’Air Zaïre

Pour la ministre, cette réduction du nombre d’appareils est consécutive à la cession des aéronefs aux FAZ et à la compagnie Scibe Zaïre, à la vente, à la mise en rebut ainsi qu’au crash de certains aéronefs pendant les entraînements en vol des pilotes. « Pendant la décennie 1990-2000, la paralysie totale de l’activité économique et sociale ainsi que la crise des institutions du pays s’installent. Le transport aérien congolais plus que tout autre secteur a subi les effets pervers de cette crise. L’indisponibilité de ces 4 avions constituant la flotte de la Compagnie nationale et qui a entraîné la cessation de son exploitation. Trois de ces appareils ont été démantelés ; seul un Boeing 737-200 qui était en attente d’un check D est, à ce jour, immobilisé dans le hangar de l’aéroport de N’Djili.

Outre les coûts excessifs de faire le Check du type C, ce n’est qu’au cours de l’année 2009 que LAC-SARL a pu acheter

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